JACQUES YVART
Pour son 21ème album, le dunkerquois Jacques Yvart délaisse ses propres compositions pour chanter son maître méditerranéen en espéranto. L’entreprise paraît peu banale et pourtant, l’universalité du propos de Brassens et son message humaniste ne pouvait qu’être traduits dans la langue internationale. Ce CD qui comporte six chansons est une véritable curiosité. Le premier étonnement passé, on se laisse surprendre à essayer de traduire les textes des ses " classiques " que tout le monde connaît et aime. Et puis les sonorités occitano-latines de l’espéranto nous sont à la fois familières et conviennent particulièrement bien au phrasé si particulier de Brassens. La voix chaleureuse de Jacques Yvart est bien mise en valeur par des arrangements superbes, discrets et efficaces avec notamment un pathétique chorus de sax par Jean-paul Maes dans " Povra Marteno " (Pauvre Martin), l’émouvante harpe de Katrien Delavier dans " En akvo de la klara fonto " (Dans l’eau de la claire fontaine) et le tempo country de " La Pluvombrelo " (Le parapluie). Le talent des adaptateurs a sans doute largement contribué à faire que l’ensemble sonne un peu comme si Brassens lui-même chantait dans la langue de Zamenhof.
On sait que Zamenhof a créé l’espéranto pour lutter contre l’intolérance et la haine. Transposer le message de Brassens dans cette langue est pour Jacques Yvart une oeuvre réussie et qui mérite d’être reconnue. Mais les puristes pardonneront-ils à Jacques Yvart certaines audaces musicales ...
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